Ruby dans l’Atlantique

Après une halte de 48h au mouillage dans le port de Durban nous avons profité d’une bonne fenêtre météo pour rejoindre Port Elizabeth (380 miles) en compagnie du catamaran japonais Umineko : petite marina perdue dans un grand port de commerce et de pêche, mais excellent restaurant. En compétition avec Uminéko pour la plus grosse Dorade pêchée, Sato le skipper, expert en la matière, valide la taille de la dernière prise d’Hervé. Courte halte car nous repartons le lendemain pour passer le cap Aghulas , extrémité sud du continent africain, et atteindre Simons Town  (380 miles) avant l’arrivée d’une nouvelle dépression avec des vents de 40 à 50 nœuds. En s’aidant un peu du moteur on arrive dans les temps, mais la nuit suivante sera chaude dans la marina et Hervé fera plusieurs sorties en “robe de chambre“ pour vérifier les amarres. Il fait froid, on sort les polaires et les pantalons. Puis c’est l’entrée dans  l’Atlantique sud en passant, par une belle journée, le Cap de Bonne Esperance accompagnés par les phoques et les dauphins. Repos bien mérité pour Ruby à Captown, son équipage rentrant en France pour quelques semaines, avant son prochain départ pour Salvador au Brésil le 5 janvier

 

Richards’Bay

Superbe accueil du Zoulou Yacht Club de Richards’ Bay avec une bouteille de crémant pour chaque bateau que les équipages vont partager sur les pontons. Le temps de visiter le Hluhluwe Imfolozi Park à la rencontre des rhinocéros, girafes, éléphants et autres impalas, et il nous faut préparer notre passage vers Cap Town. Trois paramètres caractérisent ce trajet de 800 miles jusqu’à l’extrémité du continent africain : le manque d’abris  ou de ports sur une grande partie du trajet, le courant des Aiguilles (Agulhas current) de 3 à 6 nœuds  le long de la côte vers le sud et la succession rapide de  coups de vents de sud ouest  remontant vers le nord, capables de rendre la mer difficilement navigable qui vont rythmer notre progression. Nous  quittons Richards Bay pour Durban le 15 novembre. (80 miles) une première fenêtre météo étant favorable.

Traversée de la Réunion à Richards Bay en Afrique du Sud

Après une soirée Halloween où les équipages ont fait des prouesses pour se déguiser, le départ est donné avec un vent de 25 à 30 nœuds sud ouest non prévu (au près). Un peu chaud la ligne de départ !!!. Les premières 24 heures vont faire souffrir les équipages et les bateaux, puis le vent va progressivement s’orienter plus classiquement sud sud-est. Il nous restera à nous faufiler au milieu des courants océaniques importants dans cette région. Au sud de Madagascar Ruby dépasse le catamaran japonais Umineko ce qui sera l’occasion d’une petite fête bien française. Le vent faiblissant la ligne est mise à l’eau et Hervé va faire un exploit en ramenant  après 35mn de bataille une dorade de 1,30m qui pour être remontée à bord sera anesthésiée au Pastis. Une baleine va nous accompagner quelques miles avant notre arrivée à Richards Bay. Marc notre équipier anglais s’habitue progressivement à la “french way of life“: il réclame son café et ne boit plus de bières …..!!!

 

La Réunion une île de contrastes

Traversée très inconfortable pour tous les bateaux (grosse houle et peu de vent) mais arrivée sportive et groupée avec 30 nœuds dans la marina du Port au nord ouest de l’île. Au cœur de l’île les trois cirques de Cilaos, Mafate et Salazie accolés au Piton des neiges (3071m) sont des paysages d’exception que nous avons découvert par tous les moyens possibles. Plus au sud ce sont les paysages lunaires de la plaine des sables et du Piton de la fournaise. Nous avons eu la visite d’Etienne et Julie qui ont réapprovisionné la cave du bateau en rhum. Ambiance très chaleureuse dans la marina où LouLou du bar le Forban et les bénévoles du Yacht club ont fait des prouesses pour nous accueillir. Nous repartons le 3 novembre pour Richard’s Bay en Afrique du sud avec un nouvel équipier (Marc, qui a quitté le bateau Brownwin).

Après une belle navigation, l’île Maurice

Depuis 3 jours nous avons Brownwin 4 miles derrière nous ….. “ A race between the two Amels“ dira Paul de l’ARC. Ne pouvant plus utiliser le Parasailor, Ruby va sortir toutes ses voiles pour arriver à Port Louis dimanche 14 octobre dans l’après midi devant Brownwin qu’il faudra remorquer passé la ligne d’arrivée (moteur cassé). Magnifique accueil des équipages déjà présents, de Paul et Suzanna (ARC) avec une corbeille de fruits et un verre de Rhum et de Margaret qui est arrivée dans l’île depuis plusieurs jours. Ludmilla, Gabrielle, Marc et Régine vont aussi rejoindre Ruby qui va profiter de cette halte pour sortir de l’eau et se refaire une belle “Sous marine“. Le Parasailor ne pourra malheureusement pas être réparé avant Cap Town. Il fait un temps superbe, le cyclone annoncé ayant fait sa route au nord de l’océan indien. Nous quittons l’île Maurice le 26 octobre pour la Réunion.

De Bali à Cocos island

Après le remorquage de Brownwin pour qu’il puisse prendre le départ  de l’étape (moteur cassé !) nous  quittons Bali et faisons route vers Christmas Island avec un vent sud est entre 10 et 13 nds. Arrivée dans la soirée du 20 à Flying Fish Cove. Un parc national de 600 hectares a été créé en 1989 à Christmas Island pour protéger une espèce rare de crabe rouge qui vit à l’intérieur des forêts et vient se reproduire sur le rivage à la saison des pluies. Pendant cette migration certaines routes de l’île sont interdites à la circulation. Mais Christmas island est aussi l’un des principaux points de passage des réfugiés en provenance d’Irak , d’Afghanistan ou du Sri Lanka et transitant par l’Indonésie . Elle abrite le plus grand centre de rétention australien destiné à regrouper les migrants (3000 personnes environ). Nous avons assisté à l’arraisonnement d’un “boat people“ par la marine australienne qui une fois les migrants récupérés va couler le bateau au large. Le 22 septembre nous repartons pour Cocos Island avec un vent sud sudest bien établi de 18 20 nds. Belle navigation sous Parasailor qu’il nous faudra malheureusement interrompre à 100 miles de l’arrivée car la pièce permettant d’en fixer le point d’amure à l’avant du bateau donne de sérieux signes de faiblesse . Nous arrivons dans le lagon des îles Cocos le 26 septembre au petit matin avec un très beau mouillage devant l’île inhabitée de Direction Island. Après quelques jours de repos c’est le départ le 2 octobre vers l’île Maurice (2300 miles).

Bali

Départ de Darwin digne d’une grande régate grâce à un coup de vent non prévu, mais rapidement il a fallu se faire une raison et l’ensemble des bateaux a du se résigner à utiliser le moteur pour rejoindre Bali dans les délais. Dès notre arrivée nous retrouvons Fanny et Tanguy qui viennent de passer une semaine sac à dos dans la partie est de Bali, sans oublier un petit stop à Jimbaran et Ulu Watu. Ils ont amené les planches de surf et de body et nous partons au nord de Canggu sur un site que nous connaissons bien en face du Legon  pour 4 jours de rêve. Herve après un trip vers le volcan et le lac  Batur , visite Ubud, Kuta et Denpasar en scooter, et découvre  la circulation à Bali, un régal !!!!. Nous nous retrouvons le 15 septembre dans la marina pour préparer le bateau pour la traversée de l’océan indien et l’avitaillement au Carrefour local. Deux stops sont prévus : Christmas Island et Cocos Island avant l’arrivée à l’île Maurice vers le 15 octobre. Départ le lundi 17 septembre

De Cairns à Thursday Island

Margaret et Régine sont rentrées à Villedieu . Nous remontons par étapes de 50 à 60 miles vers le Cap York, probablement une des dernières régions vierges de la planète. La navigation dans cet immense lagon avec un vent bien établi SSE est un vrai régal. Le Parasailor est de sortie tous les jours. Première étape à Cooktown  (c’est ici que le capitaine Cook a fait réparer  son bateau l’Endeavour après s’être échoué sur un récif en 1770) : petit bourg du bout du monde dont la principale activité est la pêche pratiquée depuis la jetée. Puis étapes dans les îles  désertes de Morice et Flinders. Sur la cote nous ferons un stop à Portland Road et Margaret Bay (une obligation !!!) avant de remonter l’Escape River sur 3 kilomètres en espérant voir des crocodiles. Notre seule rencontre sera un “ Indiana Jones “ local , éleveur de perles qui viendra nous mettre en garde contre ces gentilles bestioles très nombreuses dans cette rivière et qui sont capables de sauter jusqu’à 3 m de haut. Un catamaran japonais vient mouiller derrière nous et nous invite à un “vrai repas japonais“. Le lendemain avec les courants favorables nous traversons l’Albany Channel  pour passer le Cap York et rentrer dans le détroit de Torres entre la Papouasie Nouvelle Guinée et l’Australie. Stop à Thursday Island avant le départ pour Darwin le 23 août.

De Mac Kay à Cairns

Petit à petit la température remonte et nous ressortons même les maillots, mais oublions la plongée ou le snorkling. Les paysages n’ont plus rien à voir avec la Polynésie. On se croirait même par moment,  au milieu de lacs Canadiens. Nous naviguons d’île en île dans l’archipel des Withsundays sans aller jusqu’au Reef qui reste très éloigné et surtout ne permet pas de mouillage de nuit en sécurité. L’eau a des couleurs magnifiques et très différentes  d’une île à l’autre. Pas de petits restos le soir car nous sommes dans un parc national. Pour découvrir la barrière de corail on décide de s’offrir un survol en hélicoptère. Puis route au nord pendant 24heures avec la traversée du Hinchinbrook channel et beau mouillage devant l’île Dunk  dont le Resort a été en partie détruit l’hiver dernier par un cyclone. La dernière étape avec un vent de 20nds favorable va nous amener sous Parasailor à l’île de Fitzoy, juste avant Cairns . Nous croisons baleines et dauphins : magique ! Les baignades sont, par contre, fortement déconseillées à cause de la présence de crocodiles qui sont arrivés en mer par les fleuves et se sont petit à petit habitués à l’eau salée.

See you in Thursday Island dans le detroit de Torres  dans 10 jours ………

De Port Vila à MacKay en Australie

Après un stop de quelques jours à Port Vila c’est le départ le 19juillet pour l’Australie et la barrière de corail (1200miles). La traversée va être difficile pour tous les bateaux en raison d’une dépression située plus au sud : vents très irréguliers entre 5 et 33 nds avec une mer très agitée. Arrivée le 25 juillet à MacKay, 5è derrière Gunvor, Anasthasia , Windancer, et Working on the dream.

L’arrivée en territoire australien impose de se soumettre au passage des contrôles sanitaires et douaniers ; ceux-ci se révèlent être particulièrement sévères et pointilleux (plusieurs heures de fouille complète pour chaque bateau) avec obligation de jeter toutes les denrées périssables : beurre, œufs, fromage, viande, fruits et légumes. Triste gâchis mais le règlement est incontournable ! Heureusement que le vin n’est pas « périssable » !

Le contraste du temps est brutal : c’est l’hiver en Australie et la température a subitement chuté ( 5° la nuit et 15° le jour) : il faut ressortir les pulls, polaires, couettes …et même les chaussettes . On oublie le baignades : l’eau est à 18°, mais le soleil et le moral sont au rendez-vous !

Régine nous rejoint le 30 juillet chargée de cubis de rosé (Siouviette pour les connaisseurs !!) et de blanc villadéen, et surtout d’un gros jambon (merci Bernard) qui a échappé à la vigilance du flair des chiens douaniers de l’aéroport.

La grande barrière de corail s’étend sur 2000 km et est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle est composée de 3 entités : le côte continentale, le lagon et les îles, et le récif corallien plus au large (le Reef). La largeur du lagon entre la côte et le récif varie beaucoup du sud au nord : 150km à hauteur de MacKay au sud, 30km au niveau de Cairns au nord. Il est parsemé de 600 îles de toutes tailles coralliennes (cayes) et non coralliennes (anciennes collines détachées du continent) que nous allons visiter en remontant vers le nord et vers la chaleur qui n’est pas loin.