St Hélène le bout du monde!

Perdue au milieu de l’Atlantique sud, sans aéroport, ravitaillée par un
bateau deux fois par mois, St Hélène est une île tranquille et
accueillante,avec des paysages contrastés. Hors du temps, on y redécouvre
le charme des quatre cabines téléphoniques publiques de Jamestown (la
capitale!) et les joies des cordes à noeuds installées sur le quai qui sont
une aide précieuse au débarquement des visiteurs. St Hélène reste très
marquée par les cinq années d’exil de Napoléon et les visites du pavillon
Briare, de Longwood house et de la vallée de Sane (site de sa tombe) sont
incontournables. Sous le charme nous repartons vers le Brésil le 18
janvier avec peu de vent et pour les initiés un « pilote auto » en panne
…..heureusement nous sommes trois!!

En route vers Saint Hélène

Ruby a repris la mer le 5 janvier avec un nouvel équipier. Etienne de
Limelette nous a en effet rejoint a Cap Town pour la traversée de
l’Atlantique sud. Outre ses compétences reconnues en Belgique pour faire
le point avec un sextant, il a transformé notre quotidien par ses talents
culinaires et en particulier son « moelleux de quatre quart ». Nous sommes
actuellement à 1060 miles de l’île de Saint Hélène avec une arrivée, si le
vent se maintient (25 à 30 noeuds) vers le 14 janvier.

Ruby dans l’Atlantique

Après une halte de 48h au mouillage dans le port de Durban nous avons profité d’une bonne fenêtre météo pour rejoindre Port Elizabeth (380 miles) en compagnie du catamaran japonais Umineko : petite marina perdue dans un grand port de commerce et de pêche, mais excellent restaurant. En compétition avec Uminéko pour la plus grosse Dorade pêchée, Sato le skipper, expert en la matière, valide la taille de la dernière prise d’Hervé. Courte halte car nous repartons le lendemain pour passer le cap Aghulas , extrémité sud du continent africain, et atteindre Simons Town  (380 miles) avant l’arrivée d’une nouvelle dépression avec des vents de 40 à 50 nœuds. En s’aidant un peu du moteur on arrive dans les temps, mais la nuit suivante sera chaude dans la marina et Hervé fera plusieurs sorties en “robe de chambre“ pour vérifier les amarres. Il fait froid, on sort les polaires et les pantalons. Puis c’est l’entrée dans  l’Atlantique sud en passant, par une belle journée, le Cap de Bonne Esperance accompagnés par les phoques et les dauphins. Repos bien mérité pour Ruby à Captown, son équipage rentrant en France pour quelques semaines, avant son prochain départ pour Salvador au Brésil le 5 janvier

 

Richards’Bay

Superbe accueil du Zoulou Yacht Club de Richards’ Bay avec une bouteille de crémant pour chaque bateau que les équipages vont partager sur les pontons. Le temps de visiter le Hluhluwe Imfolozi Park à la rencontre des rhinocéros, girafes, éléphants et autres impalas, et il nous faut préparer notre passage vers Cap Town. Trois paramètres caractérisent ce trajet de 800 miles jusqu’à l’extrémité du continent africain : le manque d’abris  ou de ports sur une grande partie du trajet, le courant des Aiguilles (Agulhas current) de 3 à 6 nœuds  le long de la côte vers le sud et la succession rapide de  coups de vents de sud ouest  remontant vers le nord, capables de rendre la mer difficilement navigable qui vont rythmer notre progression. Nous  quittons Richards Bay pour Durban le 15 novembre. (80 miles) une première fenêtre météo étant favorable.

L’Indien

Nous avons quitté Cocos depuis 5 jours et avons enfin fait connaissance avec « l’Indien »! Après un premier jour et une première nuit tranquilles, « l’Indien » s’est réveillé vers 9H00 du 2ème jour. Le réveil a été brutal puisque nous n’avons pas eu le temps d’amener le parasailor avant la montée du vent. Résultat, quelques déchirures et un affalement très sportif sous 25 noeuds. Ensuite nous avons connu le ciel gris, la pluie et un vent de 25 noeuds qui s’est transformé en 30/35 noeuds! La mer a changé et nous avons alors vraiment connu « l’indien »! Creux de 6m, déferlantes, 3 ris sur chacune des voiles, on file à 9/10 nœuds aidés par 1 noeud de courant. Parfois une vague un peu plus grosse vient frapper la coque et passe par dessus l’avant, le cockpit et l’arrière. Bien protégés par la capote, nous restons secs et en maillots de bain! Très impressionnant. Le bateau est fait pour ce temps et se comporte super bien. D’ailleurs les 2 AMEL 54 de ce rallye se retrouvent côte à côte et dans le groupe de tête. Depuis hier le soleil est revenu et le spectacle est magnifique, indescriptible… Nous avons parcouru 1000 miles des 2300 miles qui séparent l’ile Maurice de Cocos, plus de 200 miles par jour de 24H depuis 3 jours, et espérons arriver à l’Ile Maurice dans une semaine si le vent le veut.

De Bali à Cocos island

Après le remorquage de Brownwin pour qu’il puisse prendre le départ  de l’étape (moteur cassé !) nous  quittons Bali et faisons route vers Christmas Island avec un vent sud est entre 10 et 13 nds. Arrivée dans la soirée du 20 à Flying Fish Cove. Un parc national de 600 hectares a été créé en 1989 à Christmas Island pour protéger une espèce rare de crabe rouge qui vit à l’intérieur des forêts et vient se reproduire sur le rivage à la saison des pluies. Pendant cette migration certaines routes de l’île sont interdites à la circulation. Mais Christmas island est aussi l’un des principaux points de passage des réfugiés en provenance d’Irak , d’Afghanistan ou du Sri Lanka et transitant par l’Indonésie . Elle abrite le plus grand centre de rétention australien destiné à regrouper les migrants (3000 personnes environ). Nous avons assisté à l’arraisonnement d’un “boat people“ par la marine australienne qui une fois les migrants récupérés va couler le bateau au large. Le 22 septembre nous repartons pour Cocos Island avec un vent sud sudest bien établi de 18 20 nds. Belle navigation sous Parasailor qu’il nous faudra malheureusement interrompre à 100 miles de l’arrivée car la pièce permettant d’en fixer le point d’amure à l’avant du bateau donne de sérieux signes de faiblesse . Nous arrivons dans le lagon des îles Cocos le 26 septembre au petit matin avec un très beau mouillage devant l’île inhabitée de Direction Island. Après quelques jours de repos c’est le départ le 2 octobre vers l’île Maurice (2300 miles).

De Cairns à Thursday Island

Margaret et Régine sont rentrées à Villedieu . Nous remontons par étapes de 50 à 60 miles vers le Cap York, probablement une des dernières régions vierges de la planète. La navigation dans cet immense lagon avec un vent bien établi SSE est un vrai régal. Le Parasailor est de sortie tous les jours. Première étape à Cooktown  (c’est ici que le capitaine Cook a fait réparer  son bateau l’Endeavour après s’être échoué sur un récif en 1770) : petit bourg du bout du monde dont la principale activité est la pêche pratiquée depuis la jetée. Puis étapes dans les îles  désertes de Morice et Flinders. Sur la cote nous ferons un stop à Portland Road et Margaret Bay (une obligation !!!) avant de remonter l’Escape River sur 3 kilomètres en espérant voir des crocodiles. Notre seule rencontre sera un “ Indiana Jones “ local , éleveur de perles qui viendra nous mettre en garde contre ces gentilles bestioles très nombreuses dans cette rivière et qui sont capables de sauter jusqu’à 3 m de haut. Un catamaran japonais vient mouiller derrière nous et nous invite à un “vrai repas japonais“. Le lendemain avec les courants favorables nous traversons l’Albany Channel  pour passer le Cap York et rentrer dans le détroit de Torres entre la Papouasie Nouvelle Guinée et l’Australie. Stop à Thursday Island avant le départ pour Darwin le 23 août.

Fidji

Après une traversée prudente en ménageant les haubans, Ruby est arrivé aux îles Fidji et plus précisément à SavuSavu dans l’île de Vanua Levu. Nous y avons rencontré Curly, un americain installé sur son house boat depuis 20 ans qui organise des réunions hebdomadaires d’information sur la navigation dans cette zone, avec mise à disposition de cartes et de waypoints. Indispensable, car aucune des trois cartes numériques dont nous disposons ne correspond à la réalité (CMap, Navionics, MaxSea), et une grande prudence s’impose.

Nous n’y restons que 48h car un coup de vent de sud est, est annoncé. Après un stop dans l’île de Makogai, nous suivons la route nord de Curly pour arriver le 22 juin dans la marina de Port Denarau  (île de Viti Levu) où nous attend Bruce avec de nouveaux haubans. Bruce était il y a quelques années le spécialiste du gréement sur les bateaux Néo Zélandais de la coupe America. La révision a été complète et les réglages affinés.

Port Denarau est une marina très animée car c’est le point de départ de toutes les excursions dans les îles  Yasawa à l’ouest de Viti Levu . L’activité touristique y est intense à la différence de la Polynésie.

Nous quittons la marina le 28 juin pour quelques très beaux mouillages dans ces îles ou les « Resorts » cachés par la végétation sont à découvrir. Retour le 2 juillet pour terminer les différentes réparations. avant de gagner Musket Cove le 4 juillet, rendez vous pour tous les bateaux. Le départ pour le Vanuatu est prévu le 7 juillet.

“Bonne vacances“ à l’école Louise de Marillac (Limoges France)

Pendant les vacances Ruby continue son tour du monde . Il va quitter les îles Fiji le 7 juillet pour le Vanuatu, archipel dont les 83 îles sont presque toutes volcaniques. De nombreux volcans y sont toujours en activité. L’arrivée à Tanna est prévue le 11 juillet. Après quelques jours de repos il repartira le 19 juillet pour une longue traversée vers la barrière de corail en Australie ou son arrivée est prévue le 27 juillet à MacKay (près de Brisbane). Puis quelques semaines de navigation vers le nord dans la barrière de corail, le long de la cote du Queensland, avant d’arriver à Darwin dans le nord de l’Australie ou il vous donne rendez vous le 5 septembre.

Niue

Après une traversée difficile compte tenu de la dépression annoncée sur le trajet, nous sommes arrivés sur la petite île de Niue le 23 vers 22h, en compagnie des 5 autres bateaux qui avaient pris l’option d’avancer leur départ. Une grand voile déchirée pour un bateau, un génois explosé pour un autre, mais tout le monde est content de se retrouver au yacht club de Niue, the“ Biggest little Yacht Club in the World“ accueilli par Keith pour un barbecue. Le lendemain ce sont les habitants qui vont cuisiner pour les équipages présents dans la baie et présenter un spectacle de danse. 1500 habitants vivent sur cette îles escarpée (falaises et peu de plages) située à 2500 Km au nord est de la Nouvelle Zélande, qui ne dispose d’aucune infrastructure portuaire. L’accès à terre est difficile, les dinghis devant être montés par une grue sur une petite jetée (un grutier par équipage !!!). Nous quittons Niue le 27 mai pour Vava’U dans l’archipel des îles Tonga : belle bataille pendant 36h entre Ruby et Serendipity qui passera la ligne d’arrivée avec une avance de 200m après de multiples virements de bord; digne d’une grande régate !!