St Hélène le bout du monde!

Perdue au milieu de l’Atlantique sud, sans aéroport, ravitaillée par un
bateau deux fois par mois, St Hélène est une île tranquille et
accueillante,avec des paysages contrastés. Hors du temps, on y redécouvre
le charme des quatre cabines téléphoniques publiques de Jamestown (la
capitale!) et les joies des cordes à noeuds installées sur le quai qui sont
une aide précieuse au débarquement des visiteurs. St Hélène reste très
marquée par les cinq années d’exil de Napoléon et les visites du pavillon
Briare, de Longwood house et de la vallée de Sane (site de sa tombe) sont
incontournables. Sous le charme nous repartons vers le Brésil le 18
janvier avec peu de vent et pour les initiés un « pilote auto » en panne
…..heureusement nous sommes trois!!

Richards’Bay

Superbe accueil du Zoulou Yacht Club de Richards’ Bay avec une bouteille de crémant pour chaque bateau que les équipages vont partager sur les pontons. Le temps de visiter le Hluhluwe Imfolozi Park à la rencontre des rhinocéros, girafes, éléphants et autres impalas, et il nous faut préparer notre passage vers Cap Town. Trois paramètres caractérisent ce trajet de 800 miles jusqu’à l’extrémité du continent africain : le manque d’abris  ou de ports sur une grande partie du trajet, le courant des Aiguilles (Agulhas current) de 3 à 6 nœuds  le long de la côte vers le sud et la succession rapide de  coups de vents de sud ouest  remontant vers le nord, capables de rendre la mer difficilement navigable qui vont rythmer notre progression. Nous  quittons Richards Bay pour Durban le 15 novembre. (80 miles) une première fenêtre météo étant favorable.

La Réunion une île de contrastes

Traversée très inconfortable pour tous les bateaux (grosse houle et peu de vent) mais arrivée sportive et groupée avec 30 nœuds dans la marina du Port au nord ouest de l’île. Au cœur de l’île les trois cirques de Cilaos, Mafate et Salazie accolés au Piton des neiges (3071m) sont des paysages d’exception que nous avons découvert par tous les moyens possibles. Plus au sud ce sont les paysages lunaires de la plaine des sables et du Piton de la fournaise. Nous avons eu la visite d’Etienne et Julie qui ont réapprovisionné la cave du bateau en rhum. Ambiance très chaleureuse dans la marina où LouLou du bar le Forban et les bénévoles du Yacht club ont fait des prouesses pour nous accueillir. Nous repartons le 3 novembre pour Richard’s Bay en Afrique du sud avec un nouvel équipier (Marc, qui a quitté le bateau Brownwin).

Bali

Départ de Darwin digne d’une grande régate grâce à un coup de vent non prévu, mais rapidement il a fallu se faire une raison et l’ensemble des bateaux a du se résigner à utiliser le moteur pour rejoindre Bali dans les délais. Dès notre arrivée nous retrouvons Fanny et Tanguy qui viennent de passer une semaine sac à dos dans la partie est de Bali, sans oublier un petit stop à Jimbaran et Ulu Watu. Ils ont amené les planches de surf et de body et nous partons au nord de Canggu sur un site que nous connaissons bien en face du Legon  pour 4 jours de rêve. Herve après un trip vers le volcan et le lac  Batur , visite Ubud, Kuta et Denpasar en scooter, et découvre  la circulation à Bali, un régal !!!!. Nous nous retrouvons le 15 septembre dans la marina pour préparer le bateau pour la traversée de l’océan indien et l’avitaillement au Carrefour local. Deux stops sont prévus : Christmas Island et Cocos Island avant l’arrivée à l’île Maurice vers le 15 octobre. Départ le lundi 17 septembre

De Cairns à Thursday Island

Margaret et Régine sont rentrées à Villedieu . Nous remontons par étapes de 50 à 60 miles vers le Cap York, probablement une des dernières régions vierges de la planète. La navigation dans cet immense lagon avec un vent bien établi SSE est un vrai régal. Le Parasailor est de sortie tous les jours. Première étape à Cooktown  (c’est ici que le capitaine Cook a fait réparer  son bateau l’Endeavour après s’être échoué sur un récif en 1770) : petit bourg du bout du monde dont la principale activité est la pêche pratiquée depuis la jetée. Puis étapes dans les îles  désertes de Morice et Flinders. Sur la cote nous ferons un stop à Portland Road et Margaret Bay (une obligation !!!) avant de remonter l’Escape River sur 3 kilomètres en espérant voir des crocodiles. Notre seule rencontre sera un “ Indiana Jones “ local , éleveur de perles qui viendra nous mettre en garde contre ces gentilles bestioles très nombreuses dans cette rivière et qui sont capables de sauter jusqu’à 3 m de haut. Un catamaran japonais vient mouiller derrière nous et nous invite à un “vrai repas japonais“. Le lendemain avec les courants favorables nous traversons l’Albany Channel  pour passer le Cap York et rentrer dans le détroit de Torres entre la Papouasie Nouvelle Guinée et l’Australie. Stop à Thursday Island avant le départ pour Darwin le 23 août.

De Mac Kay à Cairns

Petit à petit la température remonte et nous ressortons même les maillots, mais oublions la plongée ou le snorkling. Les paysages n’ont plus rien à voir avec la Polynésie. On se croirait même par moment,  au milieu de lacs Canadiens. Nous naviguons d’île en île dans l’archipel des Withsundays sans aller jusqu’au Reef qui reste très éloigné et surtout ne permet pas de mouillage de nuit en sécurité. L’eau a des couleurs magnifiques et très différentes  d’une île à l’autre. Pas de petits restos le soir car nous sommes dans un parc national. Pour découvrir la barrière de corail on décide de s’offrir un survol en hélicoptère. Puis route au nord pendant 24heures avec la traversée du Hinchinbrook channel et beau mouillage devant l’île Dunk  dont le Resort a été en partie détruit l’hiver dernier par un cyclone. La dernière étape avec un vent de 20nds favorable va nous amener sous Parasailor à l’île de Fitzoy, juste avant Cairns . Nous croisons baleines et dauphins : magique ! Les baignades sont, par contre, fortement déconseillées à cause de la présence de crocodiles qui sont arrivés en mer par les fleuves et se sont petit à petit habitués à l’eau salée.

See you in Thursday Island dans le detroit de Torres  dans 10 jours ………

De Port Vila à MacKay en Australie

Après un stop de quelques jours à Port Vila c’est le départ le 19juillet pour l’Australie et la barrière de corail (1200miles). La traversée va être difficile pour tous les bateaux en raison d’une dépression située plus au sud : vents très irréguliers entre 5 et 33 nds avec une mer très agitée. Arrivée le 25 juillet à MacKay, 5è derrière Gunvor, Anasthasia , Windancer, et Working on the dream.

L’arrivée en territoire australien impose de se soumettre au passage des contrôles sanitaires et douaniers ; ceux-ci se révèlent être particulièrement sévères et pointilleux (plusieurs heures de fouille complète pour chaque bateau) avec obligation de jeter toutes les denrées périssables : beurre, œufs, fromage, viande, fruits et légumes. Triste gâchis mais le règlement est incontournable ! Heureusement que le vin n’est pas « périssable » !

Le contraste du temps est brutal : c’est l’hiver en Australie et la température a subitement chuté ( 5° la nuit et 15° le jour) : il faut ressortir les pulls, polaires, couettes …et même les chaussettes . On oublie le baignades : l’eau est à 18°, mais le soleil et le moral sont au rendez-vous !

Régine nous rejoint le 30 juillet chargée de cubis de rosé (Siouviette pour les connaisseurs !!) et de blanc villadéen, et surtout d’un gros jambon (merci Bernard) qui a échappé à la vigilance du flair des chiens douaniers de l’aéroport.

La grande barrière de corail s’étend sur 2000 km et est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle est composée de 3 entités : le côte continentale, le lagon et les îles, et le récif corallien plus au large (le Reef). La largeur du lagon entre la côte et le récif varie beaucoup du sud au nord : 150km à hauteur de MacKay au sud, 30km au niveau de Cairns au nord. Il est parsemé de 600 îles de toutes tailles coralliennes (cayes) et non coralliennes (anciennes collines détachées du continent) que nous allons visiter en remontant vers le nord et vers la chaleur qui n’est pas loin.

Tanna ! Une émotion !

On a perdu ……de peu ! Disons qu’on a été “gentle(sailor)men” ! Après 48h de navigation, Serendipity est arrivé……. 6 miles devant nous.  Nous sommes rentrés dans la magnifique baie de Port Résolution le 11 juillet vers 16h devant Beatoo  (0,250 miles) et Wind Dancer, après une course serrée qui nous a tous beaucoup amusés. Dès notre arrivée, invitation de Phil et Andrea sur le catamaran Anasthasia pour un apéro … un de plus … regroupant, dans l’euphorie, tous les équipages présents. Après les formalités faites sur place grâce au “yacht club“ et Werry, c’est la découverte du village  d’Ireupuow et d’une population qui nous accueille avec une générosité et une simplicité émouvantes, nous faisant partager leurs habitations et leur mode de vie. Ils nous reçoivent avec sourire et gentillesse, timidité et pudeur, et nous sommes tous profondément touchés par la noblesse de leurs qualités humaines, leur dignité dans la pauvreté  et la bienveillance de leur accueil. A aucun moment on ne ressent cette sensation habituelle de “voyeurisme“ ou d’indélicatesse, tant ce peuple est authentique et vrai. Ce sont les derniers jours de l’école avant les vacances et les enfants chantent pour nous accueillir. Le soir c’est David et sa famille qui nous reçoivent dans leur “petit restaurant “ aménagé en bord de plage. Le lendemain, comme le veut la coutume, après les danses de “Bienvenue“ ce sont les échanges de cadeaux entre les habitants d’Ireupuow et les équipages, suivis d’une soirée organisée et préparée par le village. Ce fut aussi l’occasion de dire au revoir aux deux bateaux qui quittent le rallye : Serendipity et Glamorous Galah qui rejoignent la Nouvelle Calédonie et l’Australie. L’ascension du volcan Yasur, toujours en activité, en 4X4 et à pied, restera un autre moment inoubliable. Nous repartons le 13 juillet, conquis par le charme et l’hospitalité sans borne des habitants de Tanna, pour faire route vers l’île d’Efate et Port Vila, la capitale du Vanuatu.

Fidji

Après une traversée prudente en ménageant les haubans, Ruby est arrivé aux îles Fidji et plus précisément à SavuSavu dans l’île de Vanua Levu. Nous y avons rencontré Curly, un americain installé sur son house boat depuis 20 ans qui organise des réunions hebdomadaires d’information sur la navigation dans cette zone, avec mise à disposition de cartes et de waypoints. Indispensable, car aucune des trois cartes numériques dont nous disposons ne correspond à la réalité (CMap, Navionics, MaxSea), et une grande prudence s’impose.

Nous n’y restons que 48h car un coup de vent de sud est, est annoncé. Après un stop dans l’île de Makogai, nous suivons la route nord de Curly pour arriver le 22 juin dans la marina de Port Denarau  (île de Viti Levu) où nous attend Bruce avec de nouveaux haubans. Bruce était il y a quelques années le spécialiste du gréement sur les bateaux Néo Zélandais de la coupe America. La révision a été complète et les réglages affinés.

Port Denarau est une marina très animée car c’est le point de départ de toutes les excursions dans les îles  Yasawa à l’ouest de Viti Levu . L’activité touristique y est intense à la différence de la Polynésie.

Nous quittons la marina le 28 juin pour quelques très beaux mouillages dans ces îles ou les « Resorts » cachés par la végétation sont à découvrir. Retour le 2 juillet pour terminer les différentes réparations. avant de gagner Musket Cove le 4 juillet, rendez vous pour tous les bateaux. Le départ pour le Vanuatu est prévu le 7 juillet.

La vie à Tonga !

Tonga est un archipel de 171  îles avec 4 îles principales habitées et quelques habitations précaires réparties sur certaines autres. Tonga est une des dernières monarchies absolues au monde, et vit sous un régime féodal : le roi alloue 2 terrains par famille : l’un pour habiter, l’autre pour cultiver. Il est possible de louer un terrain pour une durée de 50 ans maximum mais il n’est pas possible d’y être propriétaire. C’est probablement la raison pour laquelle le tourisme hôtelier ne s’est absolument pas développé, avec pour bénéfice une côte extrêmement protégée et préservée des infrastructures de masse ! Seuls quelques resorts, guesthouses et restaurants se sont installés, en proposant des prestations multiples cumulées : bar, pain, café en vrac, coiffeur (dans la salle de restaurant), internet, tee-shirts, artisanat, lessive et laundry dans un seul et même lieu.

La population est extrêmement gentille, pacifique et accueillante ; les hommes portent élégamment la jupe noire, couverte d’un pagne, coutume locale respectée.

Nous sommes restés dans la partie nord de l’archipel, jetant l’ancre dans les plus beaux mouillages, pour rester à l’abri d’une dépression importante annoncée dans le sud, avec vents violents et menace de tempête tropicale. Notre choix s’est révélé être le bon : nous n’avons rien vu venir du mauvais temps qui menaçait et avons été bercés sous un ciel délicieux alternant soleil, vent et nuages, avec une température idéale.

Les autres équipages ayant majoritairement choisi la même option et nous avons passé quelques soirées mémorables, à partager nos aventures, nos expériences, nos options de vie…et nos bouteilles de vin…. :)

Soirée inoubliable aussi dans un restaurant isolé sur une île déserte,  qui nous a ouvert ses portes pour une soirée tapas. Le propriétaire, un vieil ermite ravagé par la mer, les vents et… ?… nous a gratifiés d’un concert de guitare exceptionnel de musique espagnole et brésilienne pour le moins inattendu dans un lieu aussi isolé et insolite.

Samedi, départ pour les îles Fidji : 4 jours de mer avec un vent de 25 nœuds annoncé.

See you in Fidji !